On le sait, la science-fiction est le genre de prédilection de Steven Spielberg. Ufologue averti, le cinéaste a rapidement levé les yeux vers les étoiles et a bluffé le monde entier dès ses débuts avec Rencontres du troisième type ou E.T. avant de revenir régulièrement au genre, entre La guerre des mondes, Minority Report, Ready Player One et son dernier film en date Disclosure Day.
En 2001, c'est avec un autre film de SF qu'il a abordé le nouveau millénaire : A.I. Intelligence artificielle.
Dans un XXIe siècle où la fonte des glaces a submergé la majorité des terres habitables, les robots sont devenus une composante essentielle de la vie quotidienne et assurent désormais la plupart des tâches domestiques. Pourtant, le professeur Hobby veut aller encore plus loin en créant le premier androïde sensible : un enfant capable de développer un vaste répertoire d'émotions et de souvenirs.
Peu après cette annonce, David, un robot de onze ans, fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant la découverte d'un remède pour guérir sa grave maladie. Bientôt abandonné par sa mère adoptive, David entame un périlleux voyage à la recherche de son identité et de sa part secrète d'humanité.
À travers cette œuvre, adaptée de la nouvelle Les Supertoys durent tout l'été de Brian Aldiss sortie en 1969, Spielberg réalise en réalité une version futuriste et robotique du conte de Pinocchio avec Haley Joel Osment (Sixième Sens) et Jude Law dans les rôles principaux.
© Warner
Sauf qu'A.I. Intelligence artificielle aurait pu avoir un visage radicalement différent puisqu'un autre grand nom du cinéma a longtemps été attaché au projet : Stanley Kubrick. Le légendaire réalisateur de Shining et Orange Mécanique a acheté les droits de la nouvelle dès le début des années 70.
Mais le projet traîne à voir le jour, entre les interminables tournages de ses projets (12 ans séparent la sortie de ses deux dernières œuvres, Full Metal Jacket et Eyes Wide Shut) mais surtout car Kubrick estime que les progrès technologiques en terme d'effets spéciaux ne sont pas assez avancés pour créer le personnage de l'androïde David.
Au milieu des années 80, Kubrick fait part du projet à Spielberg et propose à ce dernier de le réaliser. "Stanley [Kubrick] a montré à Steven [Spielberg] 650 dessins qu'il avait réalisés, ainsi que le scénario, l'histoire, tout. Stanley a dit : "Écoute, pourquoi ne le réalises-tu pas et je le produis ?" Steven était presque sous le choc" rappelle le producteur Jan Harlan.
La sortie de Jurassic Park en 1993, une révolution en terme d'effets spéciaux, motive Kubrick à se lancer dans le projet dès l'année suivante. Mais son développement est rapidement arrêté : Kubrick confie le bébé à Spielberg et s'en va tourner ce qui sera son ultime film Eyes Wide Shut. La mort de Stanley Kubrick en mars 1999 pousse Steven Spielberg à se lancer pleinement dans le tournage du film, à la demande de la veuve du cinéaste.
S'il a été un joli succès critique et public à l'époque (235 millions de dollars de recettes mondiales, 1,5 million d'entrées en France), A.I. Intelligence artificielle reste aujourd'hui moins cité que d'autres grands classiques de la filmographie de Spielberg.
Une séance de rattrapage est possible puisque Netflix a ajouté le film à son catalogue depuis quelques jours. Un conseil ? Préparez quand même un paquet de mouchoirs...