Le roman de science-fiction Vingt mille lieues sous les mers est considéré comme un exemple parfait de la richesse des idées visionnaires de Jules Verne. Lorsque les studios Disney se sont attaqués à ce classique plus de 80 ans après sa publication, l'idée de puissants sous-marins n'était déjà plus de la science-fiction. Pourtant, cela n'a pas empêché l'adaptation cinématographique de conserver toute sa force.
Sous la direction de Richard Fleischer, 20 000 Lieues sous les mers est devenu une aventure exceptionnelle qui a redéfini les standards des effets spéciaux. Aujourd'hui encore, ce film captivant et immersif reste un divertissement intelligent, un pur plaisir cinématographique, dont on retrouve l'influence directe sur la saga Pirates des Caraïbes. Le classique Disney 20 000 Lieues sous les mers est inclus dans l'abonnement Disney+ : idéal pour un marathon cinéma en compagnie des aventures du capitaine Sparrow !
1868 : La rumeur d'un monstre marin invincible semant la terreur sur les sept mers se répand à vue d'œil. L'océanographe français, le professeur Pierre Aronnax ( Paul Lukas ), décide alors d'enquêter. Il réunit son serviteur Conseil (Peter Lorre), engage le harponneur Ned Land (Kirk Douglas) et embarque sur un navire de guerre à la recherche du monstre. Mais lorsque le trio rencontre enfin la bête supposée après une longue mission, une découverte choquante les attend :
Ce n'est pas un monstre, mais un sous-marin nommé le Nautilus, défiant toute imagination scientifique. Il est commandé par le capitaine Nemo (James Mason) , un homme cultivé, mystérieux et froid. Ses opinions, ses coutumes et ses actions ne tardent pas à semer la discorde entre Aronnax, Conseil et la terre ferme…
Le design impressionnant du Nautilus est un chef-d'œuvre en soi : le chef décorateur de Casablanca, Harper Goff, a créé un sous-marin à la fois menaçant et magnifique, qui marque les esprits. Avec ses rivets surdimensionnés et sa couleur saisissante, le Nautilus est même considéré comme l'une des pierres angulaires de l'esthétique steampunk !
Fleischer insuffle à ce style rétro-futuriste une énergie palpitante d'aventure de pirates, mêlant moments rudes et légers, et tensions croissantes au sein de l'équipage. De plus, le réalisateur de Conan le Destructeur met en scène l'histoire avec un équilibre réussi entre audace et une fantaisie pétillante et attachante, ainsi qu'avec une profonde vénération pour la beauté étrangement dangereuse des profondeurs marines et pour le charisme à la fois intellectuel et impitoyable de Nemo.
Une direction artistique que l'on retrouve chez son scénariste, Earl Felton, qui propose une interprétation divertissante de l'œuvre originale, avec ses personnages récalcitrants et sa réflexion thématique. Cette dernière est clairement influencée par l'avènement de l'ère atomique et met en garde contre le lien étroit entre progrès technologique et responsabilité.
Mais c'est finalement le spectacle visuel qui a valu à 20 000 Lieues sous les mers une place d'honneur dans l'histoire du cinéma. Outre des décors magnifiquement aménagés et des paysages pittoresques (et superbement peints), on peut admirer des plans sous-marins qui ont constitué une petite sensation cinématographique et qui restent encore aujourd'hui de première classe.
Le moment le plus spectaculaire reste cependant la bataille révolutionnaire entre l'équipage du Nautilus et un calmar géant. Pour l'anecdote, sa réalisation prouve que peu de choses ont changé en 70 ans d'histoire hollywoodienne : lorsque Walt Disney vit la première version, il considéra la séquence comme un terrible échec et ordonna alors des reshoots coûteux, qui plongea les studios Disney dans la ruine. Une situation que l'on retrouve encore aujourd'hui avec des studios qui s'empêtrent dans des reshoots coûteux afin de sauver des productions calamiteuses...
La bonne nouvelle ici, c'est que ce pari risqué est devenu gagnant ! La scène remaniée se révèle captivante, techniquement sensationnelle et a propulsé le film vers des sommets inédits. Elle est devenue un immense succès et un classique incontournable, influençant même les blockbusters Disney ultérieurs !
Au-delà de ses qualités intrinsèques qui font de 20 000 Lieues sous les mers un film d'aventure intemporel, il existe des raisons spécifiques qui en font un incontournable pour les fans de Pirates des Caraïbes. Tout commence par le fait que le capitaine Jack Sparrow a indirectement pris la mer grâce au capitaine Nemo !
Car lorsque le premier Pirates des Caraïbes a été mis en production, le dernier film d'aventure en prises de vues réelles produit par Disney remontait déjà à plusieurs années. Le réalisateur Gore Verbinski et le producteur Jerry Bruckheimer avaient alors affirmé à Disney qu'il ne pourrait rester compétitif que si cette situation changeait.
Pour convaincre les dirigeants du studio qu'il fallait s'inspirer des traditions Disney, ils ont cité des films comme 20 000 Lieues sous les mers à titre de comparaison. Une ressemblance interne entre le classique de 1954 et la saga à succès qui est d'ailleurs devenue plus flagrante dans le deuxième volet.
Dans Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit, Davy Jones, un autre capitaine à la fois éloquent et désormais impitoyable, fait son apparition. À l'instar de Nemo, il exprime son mécontentement par un jeu d'orgue impressionnant. De plus, cette suite de Pirates des Caraïbes regorge d'attaques spectaculaires du kraken, qui ravivent l'esprit du final grandiose de Vingt mille lieues sous les mers.
Certaines scènes font même directement référence au classique de Disney et doivent donc être perçues comme un hommage. C'est le cas également de la séquence où Jack Sparrow et ses compagnons fuient des cannibales : ce passage évoque délibérément la fuite de l'équipage du Nautilus face à un peuple insulaire hostile. Si vous regardez les deux films à la suite, vous remarquerez immédiatement les parallèles.
Bien sûr, 20 000 Lieues sous les mers brille toujours de mille feux grâce à ses effets spéciaux impressionnants, ses décors somptueux et ses personnages inoubliables. Mais si vous aviez besoin d'une raison pour le (re)découvrir, la voici : Jack Sparrow marche sur les traces du dangereux Nemo et de Ned Land. c'est un film à voir absolument !