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Dans la continuité des expositions visant à éclairer le parcours de figures emblématiques de la scène musicale du xxe siècle – Miles Davis, Serge Gainsbourg, John Lennon, Pink Floyd, Jimi Hendrix – la Cité de la musique a souhaité rendre hommage à un monument de la culture musicale

Dans la continuité des expositions visant à éclairer le parcours de figures emblématiques de la scène musicale du xxe siècle – Miles Davis, Serge Gainsbourg, John Lennon, Pink Floyd, Jimi Hendrixla Cité de la musique a souhaité rendre hommage à un monument de la culture musicale française : en 2011, Georges Brassens, mort il y a tout juste trente ans, aurait eu 90 ans. Purefans News by Adobuzz vous propose le communiqué de la Cité de la musique avec les détails de l’exposition qui se tient du 15 mars au 21 août 2011.


Crédit : D.R.

Qui ne connaît pas Brassens ? Tout le monde a chantonné un jour l’une de ses chansons. L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois consensuelle du père tranquille que l’on chante en famille au coin du feu, celle de l’ami qui nous rassure parce qu’il nous parle d’un monde où les amoureux se bécotent sur les bancs publics, où les croquants vont en ville à cheval, où Margot dégrafe son corsage pour donner la gougoutte à son chat...

Quand les chansons sont restées, l’image de l’homme s’est brouillée, adoucie, comme ternie. Il est temps de découvrir que derrière la figure fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur de la poésie française, un grand timide mal à l’aise sur scène, un formidable musicien pétri du swing et amoureux de Charles Trenet, un libertaire qui choisira une voie individuelle plutôt que les combats collectifs, sans renier ses convictions, s’opposant à la guerre, à la morale bien-pensante ou à l’arbitraire de la justice et de la police, une force tranquille, inébranlable dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa petite musique intérieure.

Comment exposer Brassens ? Comment évoquer une personnalité si populaire mais si volontairement peu spectaculaire ? Si prolixe et riche dans ses textes et si secret dans son mode de vie ? La Cité de la musique a voulu, au-delà des images stéréotypées, le faire découvrir sous un angle inédit et parfois surprenant.

Elle a demandé au dessinateur et auteur Joann Sfar, ainsi qu’à la journaliste Clémentine Deroudille, de transmettre leur passion pour Brassens. Les commissaires proposent un parcours à la fois ludique et didactique, incitant à la déambulation au milieu d’une forêt d’arbres, où le public découvrira des documents inédits, manuscrits et carnets exceptionnellement confiés par la famille et les proches du chanteur, et également des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies, des guitares...

La scénographie de cette première rétrospective consacrée à l’artiste a été confiée à des artistes décorateurs de cinéma qui ont imaginé un écrin fait de matériaux bruts et de tulles tendus, créant plusieurs atmosphères.
On découvrira un Brassens immortalisé par les photographes Robert Doisneau, Jean-Pierre Leloir et Pierre Cordier. Les dessins de Joann Sfar, répartis tout au long du parcours, sont à l’image de son univers : sagace, drôle, déroutant. Mis en scène par le graphiste Philippe Ravon, ils dialoguent avec les œuvres ; illustratifs, monumentaux, ils éclairent à leur façon la vie de Brassens et racontent des histoires – celles qui ont émaillé la vie du chanteur comme celles que le dessinateur a imaginées pour le public.

À travers cette exposition, le monde de Brassens rencontre la vision éclectique, fantaisiste et irrévérencieuse de Joann Sfar. Le parcours musical de l’exposition offre au public le Brassens qu’il aime et d’autres pépites inédites. Il permet d’entendre des archives sonores méconnues réunies par Clémentine Deroudille, et un univers musical confié au musicien Olivier Daviaud, rassemblant de nombreuses chansons de l’artiste, mais aussi plusieurs textes inédits mis en musique pour l’exposition avec les participations de François Morel et Bertrand Belin.

Répartie sur les deux espaces d’expositions temporaires de la Cité de la musique, « Brassens ou la liberté » a pour ambition de s’adresser à tous les publics, en proposant constamment une double approche : pédagogique et ludique. Les amoureux de Brassens de la première heure pourront redécouvrir et faire partager aux jeunes générations leur goût des textes ciselés et de l’impertinence.

Dans l’espace du rez-de-chaussée, le déroulé de l’exposition permet de retracer le parcours et la vie de Georges Brassens en juxtaposant l’homme d’écriture et l’homme de scène, l’intime et le public. Les trois premières parties explorent le versant « intime » de Brassens : de ses origines à Sète à son installation à Paris, sa formation littéraire en autodidacte, son ascèse au travail. Elles dévoilent un univers très personnel, assez visuel, dans lequel se détache la figure d’un poète libre et original, se consacrant à l’écriture et à la composition.

Les visiteurs découvriront les premiers textes de Brassens, les livres qui lui tenaient à cœur et qu’il annotait, les partitions méconnues et les différentes versions manuscrites de plusieurs chansons. Elles témoignent d’un esprit libertaire manifeste aussi bien dans ses textes que dans son mode de vie.

Les deux parties suivantes explorent le versant « public », montrant les débuts timides et difficiles du chanteur sur scène, puis le rituel des grandes salles de l’époque, le rythme et la répétition des tournées, la révolution du disque, le succès auprès du public et l’ascendant pris sur toute une génération de jeunes artistes.

La dernière partie se trouve dans l’espace du bas et quitte le parcours biographique pour plonger les visiteurs dans un espace interactif, ludique, imaginaire qui privilégie des angles insolites. Cet espace témoigne du regard volontairement contemporain et décalé des commissaires sur leur sujet.

Quelle postérité pour Brassens ? C’est le fil rouge de cette dernière balade qui s’ouvre sur l’extraordinaire histoire de Georges Brassens imaginée par Joann Sfar... Qu’est-il devenu ? Ses textes ont fait le bonheur et le succès de plusieurs centaines d’interprètes à travers le monde qui l’ont traduit et chanté. C’est aussi une dimension ludique de la postérité qui est montrée à travers une accumulation d’objets « kitsch » conservés par les collectionneurs.

L’exposition est partout accessible aux enfants, mais particulièrement dans ce second espace où des tables à dessins sont mises à leur disposition. Pendant que les enfants dessinent ou s’essayent sur une guitare, leurs parents ont tout le loisir de se plonger dans les manuscrits de Brassens qu’ils auront vus plus tôt sous vitrine, présentés sous la forme de fac-similés aisément manipulables.

C’est aussi d’immersion dont il s’agit avec la projection du concert donné par Brassens à Bobino en 1969 pour clore la visite, qui enveloppe les visiteurs dans l’univers du chanteur plus d’une heure durant. Le vendredi soir (puis le samedi après-midi aux mois de juillet et août), un guitariste viendra faire chanter le public en interprétant pour lui les chansons de l’artiste.

« Brassens ou la liberté », du 15 mars au 21 août 2011 à la Cité de la musique, 221, avenue Jean-Jaurès, à Paris.

Source : Communiqué de la Cité de la musique.

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