Kylie Minogue qui rejoint le fameux billions club ? C'est une première, et on a envie de dire : enfin ! Icône de la pop, la star australienne n'avait jusqu'ici jamais franchi le seuil du milliard d'écoute sur Spotify l'une de ses chansons. C'est désormais chose faite grâce à Can't Get You Out of My Head, son tube de 2001.
"La la la !!!!!! Can’t Get You Out Of My Head entre dans le club des milliards sur Spotify !!!!! Quoi ?! Merci à tous ceux qui, partout dans le monde, ont écouté, chanté, dansé et aimé la chanson ! Bien avant le streaming, me voilà en train de faire des essais de tenues et de maquillage pour préparer le clip. Dites à cette fille qu’elle a atteint le milliard !" se réjouit la chanteuse sur Instagram, fière, à 58 ans, d'accomplir un exploit de plus dans sa longue carrière entamée en 1986 avec The Loco-Motion lorsqu'elle était encore adolescente.
Can't Get You Out of My Head tient une place à part dans le parcours de Kylie Minogue, qui a suivi les courbes d'un grand huit. Quand elle arrive sur la scène pop au milieu des années 80, on voit en elle une version plus lisse et joviale de Madonna, qui est déjà la reine de la provoc'. Comme le rapporte le documentaire Kylie sur Netflix, elle écope d'un surnom dévalorisant qui va la suivre pendant une décennie : "The Singing Budgie", la perruche chanteuse.
Le public a beau adorer cette jeune artiste révélée comme comédienne dans le soap australien The Neighbours, les critiques se montrent particulièrement virulentes (et misogynes) envers la star de la pop. "C'était brutal. Aujourd'hui, les gens ont une voix, ils disposent de plateformes où ils peuvent s'exprimer et dire ce qu'ils veulent. Avant, la presse était le seul pouvoir" se remémore l'interprète de Padam Padam sur la radio australienne Nova 96.9.
Pour contrer cette image de fille gentille qui lui colle à la peau, Kylie Minogue va peu à peu se rebeller pour chercher à imposer sa voix dans des maisons de disques entièrement régies par des hommes, qui veulent la contrôler et la marketer d'une certaine façon. Sa relation avec le rockeur Michael Hutchence, charismatique leader d'INXS, puis son rapprochement créatif avec Nick Cave lui font gagner en confiance. Mais les ventes de ses disques ne suivent pas. Jugé trop dark, techno et britpop, Impossible Princess (1997) ne rencontre pas le succès escompté en dehors de l'Australie et le Royaume-Uni.
Alors, dans les années 2000, Kylie Minogue va revenir avec ce qu'elle sait faire de mieux : de la pop faite pour le dancefloor, mais avec un côté beaucoup plus sulfureux.
Le micro-short doré de Spinning Around en 2000 donne le ton : désormais, Kylie est libre, Kylie est à l'aise avec son corps et Kylie n'est plus aussi sage qu'on aimerait le croire. Créé avec une nouvelle équipe, celle de Parlophone, l'album Light Years, beaucoup plus dance et disco, va plonger le public dans une succession de summer hits et de nuits sans fin. Mais c'est Fever qui enfonce le clou en 2001. Confectionné en grande partie avec Biffco (Atomic Kitten, Sophie Ellis-Bextor...), le disque érige à nouveau Kylie Minogue en superstar avec un son taillé pour les clubs. Can't Get You Out of My Head, sorti le 8 septembre 2001, il y a presque 25 ans jour pour jour donc, en est le porte-étendard.
Quand je l'ai entendue, j'ai su qu'elle avait quelque chose d'incroyable… Il m'a suffi de 20 secondes d'écoute de la démo pour me rendre compte que le morceau était spécial.
Le hook est irrésistible, les paroles entêtantes et son clip futuriste, dans lequel la chanteuse est moulée dans une sculpturale combinaison blanche à capuche avec décolleté plongeant et fentes vertigineuses, passe en boucle sur toutes les chaînes de télévision. Can't Get You Out of My Head est propulsé instantanément numéro un dans plus de 40 pays dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède... La déferlante est totale et même les US succombent : le single atteint la 7ème place du Hot 100, le plus haut classement de Kylie en 13 ans !
Enfin, on rend à Kylie Minogue ses lettres de noblesse : elle n'est plus cette starlette de la fin des années 80 qu'on a si souvent moquée, mais une force puissante de la musique pop qui domine alors le monde. "C'est devenu un phénomène inarrêtable qui m'a ouvert des portes partout dans le monde, y compris aux États-Unis. Pendant des années, j'étais juste perçue comme une star de feuilleton devenue une marionnette de la pop, mais soudain, les gens prenaient la production et l'imagerie au sérieux. C'était comme une véritable confirmation de mon instinct de survie dans la pop" confiera-elle à Q Magazine en 2002.
Un tube définitivement entré dans la légende !