Faut-il réduire une chanteuse à son apparence sur scène ? C'est ce qui se passe malheureusement avec Olivia Rodrigo. Depuis le début de sa carrière, le look "écolière" mis en avant par la jeune artiste californienne a de quoi diviser l'opinion. Elle s'est même attirée les foudres de Courtney Love, leader du groupe Hole, l'accusant d'avoir repris l'esthétique de la pochette de l'album Live Through This (1994) dans ses photoshoots, ses clips ou durant ses concerts.
D'autres ont dressé un parallèle avec l'univers visuel de Mia Berrin, chanteuse du groupe de rock new-yorkais Pom Pom Squad.
Si la question était depuis un peu passée sous silence, elle est revenue sur le devant de la scène ces derniers temps. Lors d'un concert donné à Barcelone pour Spotify, la chanteuse est apparue avec une robe ample et courte arrivant à mi-cuisse. Une tenue que beaucoup ont décrite comme "babydoll" et jugée plutôt enfantine. Selon le média Teen Vogue, le terme de "babydoll" représente une "robe courte à la coupe ample et près du corps". Ce qui lui attire les foudres de nombreux internautes.
"Pourquoi les stars de la Gen Z s'habillent-elles avec des robes de bébé ?" s'interroge un anonyme tandis que d'autres estiment ce choix "gênant" et "flippant". Certains y voient là une esthétique à la Lolita, le roman sulfureux de Nabokov, et un univers vestimentaire 60's également repris par Sabrina Carpenter. Au contraire, beaucoup estiment que les femmes ont le droit de s'habiller comme elles le désirent sur scène.
Ce débat qui a enflammé les réseaux sociaux est arrivé jusqu'aux oreilles d'Olivia Rodrigo. Et elle a décidé d'y répondre. Interrogée à ce sujet dans le podcast du New York Times, l'interprète de Drop Dead se dit "déçue" de ce genre de commentaires.
"Ce qui est vraiment inquiétant, c'est que j’ai l’impression d’avoir porté des tenues un peu révélatrices sur scène. Je suis montée sur scène en soutien-gorge à paillettes et petit short, ce qui est totalement mon droit. Je me sentais bien à l’aise comme ça".
Pour elle, ce genre de tenue n'était "pas inapproprié" aux yeux du public. "Par contre, me voir totalement recouverte d'une robe que les gens jugent enfantine, là c'est 'inapproprié'. Cela montre à quelque point on normalise la pédophilie dans notre culture" se désole l'artiste aux 26 milliards d'écoutes sur Spotify : "Ce qui est assez ironique car on n'arrête pas de dire aux filles depuis qu'elles sont petites : 'Ne porte pas ça parce que les hommes vont sexualiser ton corps et ce sera ta faute'. C'est quand même glauque".
Olivia Rodrigo assume et dit se trouver "sexy" dans ce look, qu'elle compare à celui de ses héroïnes Courtney Love et Kathleen Hanna (Bikini Kill) :
"Je me trouvais belle dans ces vêtements. Si on commence à s'habiller en se disant : 'Je ne veux pas qu'un pervers me prenne pour une gamine sexy', ou un truc du genre, on perd un peu le sens des réalités. Je suis très protectrice envers les jeunes femmes et les filles, et je ne veux surtout pas qu'elles puissent entendre ce genre de discours. On ne devrait pas être tenu responsable du fait qu'un homme nous sexualise d'une manière qui n'était absolument pas notre intention".
Des paroles fortes et saluées par le public.
Le 12 juin, Olivia Rodrigo dévoilera son troisième album You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love, dont elle vient de partager la tracklist. On y retrouvera 13 chansons dont les singles Drop Dead et The Cure. Elle se lancera ensuite dans une grande tournée mondiale qui fera escale à Paris La Défense Arena les 27 et 28 avril 2027.
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