C'est peu dire que le retour de Mylène Farmer fait parler. Pour présenter son nouvel album Égrégore, attendu le 30 octobre, la chanteuse s'est visiblement lancée dans une bataille pour la réhabilitation de la langue française.
Déjà sur son précédent single C'est à qui le tour, elle semblait dénoncer une époque qui ne lui correspond plus, pointant notamment du doigt les différentes formes de censure. Son "on ne peut plus rien dire" en somme, même si les paroles peuvent avoir plusieurs sens : "Pourquoi / Ne plus rien dire / Plus rien écrire / Peur de tout / Alors / On se met où ?".
C'est encore plus parlant dans son deuxième single, Des lols et des quoi, signé DJ Lewis et dévoilé ce vendredi 11 septembre. Et si Mylène Farmer a souvent joué sur les différents niveaux de lecture de ses chansons, celle-ci est assez explicite :
"Dis-moi, où sont passés les mots ? / Ils ont perdu leur âme / Ont déposé les armes / Des lols et des quoi / La langue au plus bas / Des lols sans littérature / Et Ronsard est là, sature / Des lols et des quoi / Du n'importe quoi / La langue au plus bas"
Vous l'aurez compris, Mylène Farmer y déplore l'abaissement du niveau de la langue française, auparavant "charnelle" et pleine de "textures", qui passe aujourd'hui par des expressions popularisées par la jeune génération comme "lol" ou "quoicoubeh", donnant leur titre à cette chanson. Il est loin le temps de la "génération Désenchantée", même si Mylène semble l'être, au vu du langage des jeunes.
L'icône finit même la chanson avec un enchaînement quelque peu inattendu :
"Banger, de ouf, trop top / C'est ouf, askip, chokbar, le seum / MF, c'est le S"
Des lols et des quoi tombe à pic au moment où une nouvelle enquête menée par PISA démontre l'énorme chute du niveau général des élèves français.
Le clip, réalisé par Thierry et Didier Poiraud et filmé au sein de la Bibliothèque Nationale de France, semble aller dans ce sens avec une Mylène organisant un braquage géant. Il sera dévoilé à midi.
Si Mylène Farmer a multiplié les chansons sociales au cours de sa carrière (XXL, L'instant X, À tout jamais), c'est la première fois qu'on l'entend dans un rôle qui semble aussi moralisateur.
Mais en réalité, il pourrait s'agir d'un twist : à travers Des lols et des quoi, Mylène Farmer critique-t-elle vraiment ses nouvelles expressions ou se met-elle justement dans la peau d'une rabat-joie dénonçant la nouvelle génération ? Intituler son album Égrégore, mot rare dont beaucoup ont dû aller chercher la définition dans le dictionnaire, est-il une réponse à ce nivellement par le bas ? Et écrire "lols", qui est en réalité une faute de grammaire car il s'agit d'une interjection qui ne s'accorde pas au pluriel, une pique aux gens qui ne savent plus trop écrire ?
Maline, Mylène...