Saviez-vous que Lizzo a sorti un nouvel album ? Non ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul ! Le 5 juin dernier, la chanteuse et rappeuse américaine a publié Bitch, un cinquième opus très attendu après quatre ans d'absence. D'autant plus qu'il s'agit du premier depuis les polémiques qui ont entouré la chanteuse...
Et la réponse du public a été brutale : Bitch s'est écoulé à seulement 2 649 exemplaires en première semaine aux États-Unis, et n'a récolté que 2,7 millions d'écoutes en streaming, selon les données de la compagnie Luminate. Pas assez pour intégrer le Billboard 200, le classement américain de référence des ventes de disques. Pire : lors de sa deuxième semaine, Bitch a dégringolé en ne comptant plus que... 650 ventes ! Un démarrage proche du néant là où son précédent opus, Special, avait atteint la deuxième place des charts américains avec 69 000 unités vendues en 2022.
Un revers étonnant pour celle qui s'était imposée comme l'une des révélations pop de ce début de décennie à travers son personnage de bonne copine rigolote, son engagement body positive et ses tubes feel-good comme Juice, Truth Hurts (1,1 milliard de streams), Good as Hell et About Damn Time.
Un flop qui peut s'expliquer par plusieurs raisons.
Tout d'abord par la qualité de l'album, que beaucoup de critiques estiment peu inspiré. Pour un professionnel du milieu interrogé par Rolling Stone, cet échec prouve surtout que Lizzo n'a pas de "fanbase hardcore" : "C'est [une artiste] qui marche principalement sur des chansons, des tubes radios, mais qui manque clairement d'une fanbase solide. Et c'est ce dont un artiste a besoin aujourd'hui pour voir sa carrière durer".
Mais la raison principale est toute autre : Lizzo semble être la victime de la cancel culture. En effet, la chanteuse a été accusée de harcèlement sexuel, de discriminations religieuse et raciale ou de validisme par plusieurs de ses anciennes danseuses. Une affaire qui est mal passée, surtout au vu de ses positions très engagées sur les questions du sexisme, de la communauté LGBTQIA+, de la grossophobie ou du racisme. La star américaine, qui a toujours réfuté les accusations, a néanmoins remporté une bataille juridique puisque l'une des plaintes déposées par une danseuse a été rejetée.
Tout porte donc à croire que cette affaire a mis un terme à l'ascension commerciale de Lizzo. Un ancien cadre de maison de disques résume :
"Une grande partie de son image reposait sur le fait d'être une outsider et d'afficher une grande confiance en soi. (....) Lorsqu'on vous reproche de maltraiter précisément ce que vous présentiez comme étant votre "image de marque", alors les fans ne veulent plus vous voir réussir, et ils vous tournent le dos".
Et la chanteuse elle-même semble très touchée par ce flop.
"L'industrie a tellement changé ces trois dernières années. Le streaming a remplacé la radio et j'étais une chouchou des radios. C'est comme ça que mes fans ont découvert ma musique. Sans parler des attaques publiques évidentes qui ont bouleversé ma carrière" a-t-elle écrit sur X, pour tenter de justifier ce comeback raté. Un message que beaucoup considèrent hors sol, estimant que l'impact du streaming sur le monde de la musique ne date pas d'il y a trois ans.
Sur TikTok, elle est apparue en larmes lorsqu'un internaute lui a demandé pourquoi elle n'a pas assuré de promo pour le disque : "J'ai fait de la promo pour cet album et les gens sur Internet se sont moqués de moi pour l'avoir fait. Je ne sais pas quoi faire. J'ai fait une énorme promo et les gens disent que je suis un échec cuisant".
Seul petit lot de consolation ? Après Truth Hurts, About Damn Time va être sa deuxième chanson à dépasser, dans les jours à venir, le cap du milliard d'écoutes sur Spotify.
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2