Depuis le début des années 2000, la saga Shrek s'est imposée comme l'une des franchises d'animation les plus populaires et les plus réussies au monde. Son statut culte est dû en grande partie au fait que les films mettant en scène cet ogre vert, avec leur approche originale des contes de fées classiques et leur humour grinçant, séduisent un public bien plus large que les seuls enfants.
Tandis que les jeunes spectateurs apprécient l'amitié entre l'ogre (incarné par Mike "Austin Powers" Myers en VO) et son compagnon l'Âne, toujours bavard (Eddie Murphy), les adultes découvrent de nombreuses allusions subtiles (et parfois pas du tout) entre les lignes.
Qu'il s'agisse d'un Lord Farquaad à l'air étrangement embarrassé, d'un Chat Botté au passé criminel douteux ou de potions magiques aux étiquettes clairement ambiguës, nombre des gags de la saga (qui, soit dit en passant, entamera son cinquième chapitre en 2027) sont davantage appréciés par des générations plus âgées.
L'introduction de Shrek 2, considéré par de nombreux fans comme l'épisode le plus drôle de la saga, annonce d'ailleurs clairement la couleur à ce sujet. Dans une parodie de conte de fées de haute volée, le Prince Charmant traverse des paysages pittoresques pour secourir la princesse Fiona, supposément prisonnière.
Ce qu'il ignore, c'est que Fiona s'est enfuie depuis longtemps avec Shrek et l'a épousé. Au lieu du sauvetage romantique espéré, le prince connait donc une amère déception : arrivé à la tour, il soulève théâtralement les rideaux du lit à baldaquin pour se retrouver nez à nez avec le Grand Méchant Loup au lieu d'une demoiselle en détresse.
Le méchant du Petit Chaperon rouge, avec ses crocs, est allongé nonchalamment sur le lit, vêtu de la chemise de nuit de sa grand-mère, et lit tranquillement un magazine intitulé Pork Illustrated (un jeu de mots avec le véritable magazine Sports Illustrated, "pork" étant le mot anglais pour porc). Le sous-titre ? "Du bacon au soleil".
La couverture présente ainsi un cochon en maillot de bain minimaliste, allongé sur la plage dans une pose suggestive. Pour un public adulte, le message est clair : il s’agit d’une parodie assumée des magazines érotiques.
Une blague faussement innocente, imperceptible aux yeux des plus jeunes grâce à son style humoristique et inoffensif, mais qui nous rappelle qu'avec Shrek, il est nécessaire d'ouvrir les yeux et de (re)voir plusieurs fois les films pour y découvrir toutes les blagues cachées en arrière-plan.
En espérant que le cinquième film soit aussi généreux en référence du genre.