Obsession et Backrooms ont peut-être marqué les esprits cet été au cinéma, mais ces deux films d'horreur ne sont finalement rien à côté du nouveau projet de Nathan Fielder. Le comédien à qui l'on doit Nathan For You ou The Rehearsal s'apprête à dévoiler You Can See Everything, le projet le plus dérangeant de cette année 2026.
Non, il ne s'agira pas d'un nouveau film d'horreur. À dire vrai, il ne s'agira même pas d'un film, mais d'un documentaire. Co-réalisé au côté de Lance Oppenheim, ce docu de 174 minutes racontera l'histoire d'Elizabeth Holmes, l'ex-CEO de l'entreprise biotechnologie Theranos qui purge actuellement une peine de prison de 11 ans après avoir été reconnue coupable de fraudes envers ses investisseurs après avoir prétendu qu'elle allait révolutionner les analyses médicales.
Le twist ? Porté par la personnalité piquante et acide de Fielder qui n'hésite pas à déstabiliser ses interlocuteurs autant que ses spectateurs, You Can See Everything "est ce qui se rapproche le moins d'un documentaire pur" d'après Variety. A priori, ce projet prendrait davantage la forme "d'un cirque psychologique entre télé-réalité et film addictif."
Initialement, ce projet devait simplement suivre Holmes en 2023, durant ses 34 derniers jours de liberté avant d'entrer en prison. Le but était de découvrir son quotidien dans sa maison afin de l'observer et d'en apprendre plus sur elle et ses motivations. Mais vous l'aurez compris, si le film ne sort qu'aujourd'hui, c'est parce que cette aventure n'aurait cessé d'emprunter des chemins de plus en plus étranges et inattendus au fil du temps, ne faisant qu'augmenter la durée du tournage.
Comme le sous-entend le premier teaser dévoilé (voir dans notre diaporama) qui met en scène un échange aussi dérangeant qu'étrange entre Fielder et Holmes, la personnalité de cette ancienne star de la Silicon Valley est une source de questionnements sans fin.
Elle croit à sa propre réalité (elle n'a rien fait de mal : elle est persuadée que la technologie qu'elle a vendue, mais qui n'existe pas, va exister et sauver le monde) et sa vision des choses serait perturbante, fascinante et passionnante. Sa vision, mais également celle de ses proches, à commencer par Billy Evans, son compagnon, dont la toxicité suinterait à travers l'écran.
Surtout, le docu prendrait une tournure improbable au milieu, une fois Holmes emprisonnée. Pour combler ce vide et poursuivre l'exploration de cette personnalité unique en son genre, Fielder s'entourerait… d'Amanda Seyfried. Que vient faire l'actrice ici ? Elle avait précédemment incarné Holmes dans la série The Dropout (elle avait d'ailleurs reçu le Golden Globe Meilleure actrice dans une mini-série grâce à sa performance) et posséderait une relation particulière avec elle. De quoi faire passer ce docu dans une autre dimension et apporter toujours plus de folie au fil du récit.
Ce documentaire ne serait jamais là pour excuser ou défendre Holmes, mais il apporterait un point de vue surprenant sur cette personne qui a failli faire le mal en étant persuadée de faire le bien. Un projet coup de poing qui marquerait les esprits... mais qu'on ne devrait jamais voir au cinéma en France.
Même si A24 produit ce docu et que le studio est désormais ancré dans le paysage, Elizabeth Holmes reste principalement connue aux USA, tandis que Fielder possède un public très niche. Conséquence ? Aucun distributeur ne semble prêt à se battre pour dépenser de l'argent afin de sortir You Can See Everything dans les salles en France.
Seul motif d'espoir ? Une arrivée en streaming. Après tout, Netflix a connu de nombreux succès avec des true crimes ces dernières années et pourrait profiter du buzz autour du teaser (4,5 millions de vues sur X) et de l'avant-première au Festival de Telluride pour attirer de nouveaux abonnés… On croise les doigts au risque de passer à côté d'une pépite.