La science-fiction est à l'honneur au cinéma en 2026. Entre The Mandalorian, Dune 3 ou encore Avengers Doomsday, il y en a pour tout le monde et tous les styles. Pour autant, même si les films de Denis Villeneuve et des Frères Russo devraient connaître de jolis succès en salles, il apparait difficile d'imaginer ces projets marquer davantage les esprits que Project Hail Mary, ou Projet Dernière Chance en VF.
Sortie le 18 mars, cette adaptation du livre d'Andy Weir (également auteur de Seul sur Mars) signée Phil Lord et Christopher Miller est dès à présent considérée comme l'un des meilleurs films de l'année. Doté d'une note moyenne de 95% sur Rotten Tomatoes, il a récolté 683,6 millions de dollars au box-office mondial.
L'histoire suit Ryland Grace (incarné par Ryan Gosling), un ancien professeur de sciences devenu astronaute malgré lui, qui se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, sans aucun souvenir de qui il est, ni pourquoi il est là. Il découvre finalement qu’il a été envoyé à 12 années-lumière de la Terre pour tenter de sauver l’humanité, alors que le Soleil et d’autres étoiles sont en train de mourir. Face à cette mission désespérée, il devra compter sur son sens scientifique, son ingéniosité et une surprise.
Un succès qui n'a rien d'une surprise tant Projet Dernière Chance a pu compter sur une réalisation maitrisée du duo, de nombreuses idées créatives bluffantes, une performance millimétrée de Ryan Gosling (sa meilleure ?) ou encore la présence d'un alien unique : Rocky. Mais ce n'est pas tout, ce film a également bénéficié de la grande intelligence de Phil Lord et Christopher Miller vis-à-vis du rythme du récit.
Ça ne vous a pas échappé, la mode actuelle du côté des blockbusters est de produire des films toujours plus longs. Or, à l'inverse, Projet Dernière Chance a été raccourci de 30 minutes. Et ce ne sont pas n'importe quelles scènes qui ont disparu au montage.
Pour Interview Magazine, les réalisateurs ont confessé que le retour à la réalité de Ryland au début du film, quand il réalise où il est et ce qu'est sa mission, devait être plus important. "On a finalement tout condensé pour que cela tienne sur une chanson de Kris Kristofferson, a expliqué le duo. Il y avait pourtant une demi-heure de rushs durant lesquels on le voyait paniquer, se saouler, ne plus être en mesure de faire quoi que ce soit. On avait tourné énormément de moments du personnage en train de craquer".
Une révélation surprenante qui pose donc une question : pourquoi avoir tourné autant de scènes pour ne finalement pas les garder dans le montage final ? Tout simplement pour ne pas desservir le film en le plombant avec du mélo répétitif et inutile.
Le public test avait beaucoup de mal avec ça. Vous pouvez être triste pendant deux minutes durant un film, mais ensuite, il faut être capable d'avancer. Vous [le journaliste] n'êtes pas le premier à dire que la séquence fait très "à l'ancienne". Les films sont-ils devenus trop méchants ?
Pour Lord et Miller, le principal était ailleurs avec ce film. Certes, il était important de montrer la souffrance du personnage de Gosling pour que l'on s'y attache, mais celle-ci n'était pas censée être le cœur de l'histoire.
Nous voulions vraiment explorer sa vulnérabilité, sa peur et sa fragilité. C'est un excellent microbiologiste, mais pas un expert en tout, pas du genre à se jeter dans un immeuble en flammes pour sauver des chatons. Nous voulions qu'il se réveille terrifié, qu'il doive surmonter ses peurs et devenir une personne courageuse et héroïque. C'est pour cela qu'on peut s'identifier à lui.
Un choix assumé et bénéfique tant Projet Dernière Chance est effectivement une réussite dans cette version.
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