En 2020, Brad Pitt remportait l'Oscar du Meilleur acteur dans un rôle secondaire pour sa performance dans Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino sorti l'année précédente. Pourtant, c'est pour un autre projet de 2019 que tout le monde l'imaginait remporter une telle statuette.
Dès la mise en ligne des premières bandes annonces, Ad Astra de James Gray se présentait comme un film science-fiction mémorable. Et sur le papier, il possédait effectivement tous les ingrédients pour nous offrir une aventure spatiale aussi bouleversante qu'incontournable.
Au programme ? L’astronaute Roy McBride entreprend une mission aux confins du système solaire pour retrouver son père disparu, dont les expériences pourraient menacer l'humanité. Au fil de ce voyage solitaire, il affronte autant les dangers de l’espace que ses propres failles intérieures.
Malheureusement, en atteste sa note moyenne de 40% sur Rotten Tomatoes (attribuée par les spectateurs), Ad Astra n'a jamais réussi à trouver son public, malgré une presse conquise. Un véritable crève-cœur pour James Gray, qui sait exactement qui blâmer pour ce semi-échec... Avec 132 millions de dollars de recettes au box-office, pour un budget estimé entre 80 et 100 millions, ce film a tout de même offert au cinéaste sa meilleure performance commerciale.
Au micro de Brut lors du festival de Cannes où il était venu présenter son nouveau film Paper Tiger, le réalisateur a déploré les agissements du studio 20th Century Fox en coulisses.
J'ai eu un contrôle total sur ce film [Paper Tiger], ce qui n'était pas le cas sur Ad Astra. Ce film m'a été arraché des mains. Ce n'est pas ma version du film. Avec ce genre de projets, vous vous retrouvez dans des discussions et des débats, vous êtes face à un studio, puis ce studio [20th Century Fox] se retrouve vendu à Disney. On se retrouve pris dans cet engrenage.
Résultat, alors que ses interlocuteurs n'auraient fait que changer de visages, amenant avec eux leurs lots de demandes et objections, James Gray se serait retrouvé avec un projet qui ne ressemblait en rien à celui qu'il avait initialement envisagé.
Ça aurait été un film très différent. Il aurait été raccourci de 12 minutes. Je suis le seul réalisateur à avoir fait une Director's Cut plus courte. J'espère pouvoir la dévoiler un jour. Bien sûr, la décision ne m'appartient pas, mais j'adorerais le faire ; ce serait réjouissant".
Sept ans plus tard, James Gray aura-t-il le droit à sa happy ending ? On croise les doigts.
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