On ne sait pas si c'est l'approche d'Halloween qui joue sur cette étonnante coïncidence, mais les tueurs en série et psychopathes ont la cote en ce moment du côté de Netflix. En plus de la nouvelle saison de Monstre - série de Ryan Murphy, qui met en scène les tueuses Lizzie Borden et Aileen Wuornos, la plateforme de streaming vient d'ajouter Unabomber, un film qui retrace l'histoire de Theodore Kaczynski.
Thriller biographique réalisé par Janus Metz, Unabomber retrace le parcours de Ted Kaczynski (Jacob Tremblay), brillant étudiant de Harvard dont le destin bascule après avoir participé à de controversées expériences psychologiques menées par le professeur Henry Murray (Russell Crowe). Le récit alterne entre cette lente descente vers la radicalisation et l'immense chasse à l'homme menée des décennies plus tard par le FBI pour arrêter le terroriste qui a semé la peur à travers les États-Unis. Le casting réunit également Shailene Woodley, Annabelle Wallis, Alexander Ludwig, Steven Ogg et Marc Menchaca.
Or, si cette histoire est réelle et que Theodore Kaczynski a véritablement traumatisé les USA au cours de deux décennies avec ses colis piégés, tout ce qui est mis en scène à l'écran n'est pas nécessairement vrai. Et parmi les inventions narratives, on retrouve… l'existence de Joanne Miller jouée dans le film par Shailene Woodley.
En réalité, aucune agente de ce nom n'a fait partie de l'équipe spéciale UNABOM et cette équipe n'a jamais été dirigée par une seule personne. C'est plutôt un duo (Terry Tuchie & Jim Freeman) qui a mené cette enquête, accompagné de nombreux agents. "Presque toutes les scènes se déroulant au FBI sont authentiques, explique Sam Chalsen (scénariste) à Tudum. Ce sont les personnages et leur conflit dramatique que nous avons créés et inventés".
Une invention qui a permis à Woodley de jouer son rôle de manière plus libérée en introduisant ses propres idées derrière la force de cette héroïne. C'est ce qu'elle révèle auprès de MovieWeb :
Comme nous n'avions aucune information sur le passé de Joanne, nous ne savions rien de sa vie, de son histoire personnelle, ni de ce à quoi ressemblait sa vie en dehors de cette affaire. Je me suis donc surtout attachée à insuffler le plus de nuances et de subtiles différences possible aux scènes dans lesquelles j'avais la chance d'apparaître.
Mais ce n'est pas l'unique gros changement apporté à cette histoire. Alors que le film sous-entend qu'Henry Murray aurait eu une forte influence sur les agissements de Ted, la réalité aurait été bien différente. Certes, le professeur d'Harvard a existé, mais il n'aurait jamais eu d'interaction sociale avec le futur terroriste.
"C'est clairement inspiré de faits réels, assure Chalsen, sans préciser lesquels, ni les sources d'inspiration. Mais on ne veut pas suggérer que le véritable Ted avait cette relation spécifique avec Henry Murray, qui a connu tous ces rebondissements. Il n'y a aucune preuve de cela."
L'équipe du film avait simplement besoin d'une sorte de fausse figure paternelle pour accroître le sentiment de trahison et permettre de mieux comprendre l'évolution de Ted ensuite. Comme le confiait la véritable analyste comportementale du FBI, Kathleen Puckett, qui a réellement travaillé sur cette affaire, "l'impact de l'étude d'Harvard menée par Murray est franchement exagéré" vis-à-vis des agissements de Kaczynski.