Certains films marquent l'histoire du cinéma pour une bonne raison. D'autres pour de plus tristes considérations. C'est notamment le cas de Desert Warrior.
Vous n'en n'avez jamais entendu parler ? C'est normal : ce film prévu pour être l'un des gros blockbusters de ces dernières années a tout simplement été l'un des plus gros bides de l'histoire du cinéma.
Le film se déroule au VIIᵉ siècle, dans l'Arabie préislamique. Une époque où de nombreuses tribus se trouvent dans le désert. Si certaines se respectent, d’autres se détestent ouvertement. Mais toutes redoutent l’empereur Kisra. Alors que la princesse Hind lui était promise, celle-ci s’enfuit avec son père, un roi déchu. L’empereur envoie aussitôt ses mercenaires à leurs trousses. C'est alors qu'un bandit solitaire se retrouve impliqué malgré lui dans la traque et choisit de prendre la défense de la princesse.
Desert Warrior est une co-production partagée entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, et qui s'inscrit dans la volonté du gouvernement saoudien de s'ouvrir au cinéma mondial.
Réalisé par Rupert Wyatt (La Planète des singes : les origines) et porté par Anthony Mackie (Captain America) Ben Kingsley ou le Français Sami Bouajila au casting, le film a été tourné en 2021, pendant cinq mois et avec 450 personnes impliquées. Mais il a connu une post-production chaotique, entre la pandémie de Covid-19 et des divergences artistiques poussant Rupert Wyatt à être remplacé au pied levé par la monteuse Kelley Dixon.
Résultat ? Plus de 150 millions de dollars ont été investis (plus du double du budget initial) dans ce film qu'absolument personne n'a vu.
À sa sortie aux Etats-Unis au printemps dernier, sur un panel d'un millier d'écrans, le blockbuster passe totalement inaperçu. Il n'amasse qu'un demi-million de dollars. À croire que tout le monde s'est passé le mot pour ne pas aller le voir. Et sa projection en Arabie Saoudite n'a pas arrangé les choses.
Selon les estimations, le film n'a récolté que 733 000 dollars de recettes dans le monde. Soit 0,5% de sa mise de départ de 150 millions. D'autant plus que les rares critiques qui l'ont regardé ont détesté (26% d'avis positifs sur Rotten Tomatoes).
Forcément, cet immense bide a poussé les exploitants à se passer d'une sortie ciné en France. À la place, il est disponible directement en streaming sur HBO Max, via Canal+. De quoi permettre de découvrir un pan très particulier de l'histoire du cinéma.