Un film français qui met en scène un roi de la comédie… Dans le rôle tragique d’un tueur en herbe. Et qui, 20 ans plus tard, inspire l'un des cinéastes coréens les plus fous du siècle. C'est ça, le destin improbable du Couperet, à retrouver gratuitement sur francetv et Arte.
Cette oeuvre hyper noire met en scène un José Garcia comme on ne l'a jamais vu, glacial à souhait. Le couperet adapte un thriller de l'Américain Donald Westlake et en conserve la sève mordante : l'histoire d'un chômeur qui afin de sortir de la précarité décide d’abattre (littéralement) ses concurrents à un poste très convoité.
Rien que ça.
A l'origine, on parle d'un roman américain made in New York, qui inspire donc un film hexagonal, lequel se voit finalement “remaké” l'an dernier... Par un virtuose sud coréen. Un tour du monde façon rollercoaster.
Car cette tragicomédie signée Costa Gavras, grand nom des pamphlets politiques (on lui doit notamment Z, avec Yves Montand), et par ailleurs père de Romain Gavras, l'un des clippeurs les plus influents du globe (le binôme Justice lui doit beaucoup), a fini par engendrer une nihiliste satire coréenne : Aucun autre choix, dernière oeuvre en date, saluée au Festival de Cannes, de l'insaisissable Park Chan Wook.
Ce metteur en scène subversif a traumatisé plus d'un spectateur avec Old Boy (2004), sommet de violence tragicomique.
Et il se trouve que la crise économique au coeur du Couperet, sorti il y a 21 ans déjà sur nos écrans, et tous les "entretiens de licenciement" qui caractérisent le capitalisme moderne, sont désormais si mondialisés qu'il est clairement facile de décliner ce postulat dans tous les pays. France, Etats-Unis, Corée, et on se demande même pourquoi l'Angleterre n'a pas également déployé son remake.
Comme quoi, imaginer un "demander d'emploi" se métamorphoser en serial killer, il n'y a rien de plus universel que cela. Ce qui est aussi intéressant comme conclusion que clairement angoissant.
En attendant de revoir le remake, dont la cruauté n'est pas sans rappeler le méga succès Parasite de Bong Joon Ho, vous pouvez (re)découvrir le film original, qui semble plus actuel que jamais hélas.