La série la plus regardée du moment sur Netflix n'est pas la série la plus évidente à regarder. Intitulée Sous ses yeux, cette fiction en trois épisodes est adaptée d'une histoire vraie déchirante qui s'est déroulée à Wimbledon, au Royaume-Uni, au début des années 90.
En 1992, après le meurtre brutal de Rachel Nickell sous les yeux de son fils de deux ans, André Hanscombe tente de protéger son enfant du traumatisme, des médias et d’une enquête chaotique. Inspirée d’une histoire vraie, Sous ses yeux explore surtout le combat intime d’un père et de son fils pour survivre à l’impensable, alors que le coupable court toujours.
Une histoire terriblement glauque et traumatisante. Comme l'a admis Alex Winckler (créateur de cette série) auprès de Whats-on-Netflix, cette tragédie a véritablement bouleversé tout un quartier à cette époque, peu habitué à de tels crimes.
J'ai grandi à Wimbledon, donc je connaissais très bien le quartier. Je me souviens très clairement, à 12 ans, d'avoir appris qu'un meurtre avait été commis à Wimbledon Common. C'était un événement majeur, car c'est un quartier londonien relativement sûr et bourgeois. Ce n'est pas un endroit où l'on se fait assassiner. C'était donc déjà choquant en soi, mais en plus, cela s'est passé sur le Common, juste à côté de mon école. C'est arrivé en plein jour, à une jeune mère et son enfant.
Et forcément, afin de rendre au mieux justice à Rachel Nickell, mais également à Alex et André Hanscombe, son fils et mari, le créateur a été obligé d'être fidèle à la réalité, aussi brutale fût-elle. Et cela est notamment passé par une mise en scène choquante, mais également par une ambiance froide et intense.
Aussi, une question se pose : comment Jahsaiah Williams - 3 ans lors du tournage, a-t-il été géré sur le plateau face à l'atrocité de cette histoire ? A en croire Alex Winckler, l'interprète du jeune Alex Hanscombe aurait été protégé grâce à d'importantes précautions prises en amont pour éviter au comédien d'avoir pleinement conscience de ce qu'il tournait.
Pour préserver le bien-être de Jahsiah, il n'avait pas le droit d'entendre le mot "meurtre" ; nous n'avions même pas le droit d'utiliser le mot "tuer". Il ne devait pas connaître toute la vérité sur ce à quoi il participait. Nous avons donc dû travailler en étroite collaboration avec un pédopsychiatre pour construire un récit parallèle à celui qu'il incarnait. Ce sujet est revenu dans de nombreuses scènes.
Une méthode de travail intéressante, qui a dû demander une certaine logistique (et gymnastique) durant la production, qui nous rassure et nous permet d'apprécier la série sous un angle différent.
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