C'est un projet aussi insolite qu'attendu au tournant : le biopic sur les Beatles. Ou plutôt les biopics. Car pour transposer à l'écran l'histoire folle du plus grand groupe de tous les temps, ce n'est pas un mais quatre films qui vont voir simultanément le jour au cinéma au printemps 2028.
Une entreprise folle menée de plein pied par Sam Mendes, réalisateur de Skyfall ou American Beauty :
"En tant que cinéaste, on cherche toujours de nouvelles façons d’aborder le passé. De présenter les événements historiques sous un angle inédit, pour qu’ils captent la lumière différemment. Mon film 1917 tentait d’y parvenir. Les films sur les Beatles que nous réalisons actuellement s’inscrivent également dans cette démarche. Et là encore, j’ai eu le sentiment que cette même porte vers le passé s’ouvrait."
À l'écran, ce sont respectivement Paul Mescal, Harris Dickinson, Joseph Quinn et Barry Keoghan qui incarneront Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr.
Une stratégie inédite et qui interroge les professionnels du cinéma : le public ira-t-il voir quatre fois peu ou prou le même film dans les salles obscures ? Les producteurs sont persuadés que oui, au vu de l'immense popularité et impact d'un groupe dont les ventes de disques sont estimées à plus d'un milliard dans le monde.
Lors d'une conférence à Londres, la productrice Pippa Harris révèle que ce quadruple biopic est en actuellement à son 180ème jour de tournage. "C’est une entreprise de grande envergure !" assure-t-elle, plutôt confiante du résultat.
© Sony Pictures Entertainment
Pour elle, la sortie simultanée des quatre volets est une expérience unique que le cinéphile et mélomane pourra vivre à son propre rythme. Si elle ne s'attend évidemment pas à ce que le public aille voir les quatre films le même jour, mais "durant la même période" :
"[Les spectateurs pourront le voir] durant le même mois. Vous pouvez en voir un [film] par semaine, ou vous pouvez en voir un durant un week-end, deux autres pendant le week-end suivant et le dernier pendant un troisième week-end. Peu importe la façon dont vous les voyez, notre but est que les spectateurs puissent voir tous les films."
Et visiblement, pas besoin de respecter un ordre particulier de visionnage.
À groupe légendaire, il fallait forcément un dispositif unique et c'est pourquoi cette idée d'un film par Beatle a rapidement surgi comme une évidence :
"Les histoires de chacun de ces quatre hommes se suffisent à elles seules, mais elles possèdent une force collective qui, à mon sens, dépasse la simple somme des parties. Les Beatles sont, je pense, tout simplement le plus grand groupe de l'histoire ; nous essayons de leur rendre justice au mieux, d'où ces quatre films. Je ne crois pas qu'il existe un autre groupe pour lequel on puisse légitimement vouloir voir quatre films."
Mais visiblement, les propos de Pippa Harris seraient très optimistes. À en croire les révélations du Hollwyood Reporter, le réalisateur Sam Mendes et le studio Sony envisagent depuis longtemps de sortir les quatre films le même jour. Une idée audacieuse mais qui pourrait être financièrement risquée.
Ainsi, Sony serait en train de changer de stratégie. Tout d'abord, le studio pourrait ne pas publier les recettes individuelles de chaque film mais un total des quatre longs-métrages. Une façon d'éviter les comparaisons et la compétition entre les quatre volets.
De plus, pour attirer un maximum de spectateurs, le studio planche sur la création d'un "pass" de quatre billets pour voir les quatre films. Même si, comme le rappelle le magazine, cela "nécessiterait probablement que les grandes chaînes de cinémas acceptent de mettre en place un système de billetterie inhabituel".
Des idées qui restent à l'étude mais qui ont été largement relayées sur les réseaux sociaux, et font réagir les internautes. Pour beaucoup, ce revirement est une façon d'éviter un quadruple échec au box-office en avril 2028. D'autant plus que Sony espère qu'aucun gros concurrent (du type Marvel) ne viendra éclipser ce projet très ambitieux. "Quelqu'un va se faire virer en mai 2028" ironise l'un d'entre eux.
Mais que les exécutants de rassurent, l'impact des Fab Four est toujours aussi durable : la réédition de leur album légendaire Rubber Soul (1965), avec une remasterisation unanimement saluée, a atteint les premières places des charts du monde entier.