Supergirl connaît une aventure bien mouvementée au cinéma. Le nouveau film DC avec Milly Alcock et Jason Momoa n'a rapporté que 115,4 millions de dollars dans le monde après trois semaines dans les salles, pour un budget estimé à 170 millions de dollars. Une déconvenue qui n'est que le dernier symptôme d'une crise plus profonde à Hollywood : le film de super-héros ne passionne plus.
Ok, cette lecture est un peu exagérée puisque Spider-Man : Brand New Day s'apprête à faire pleuvoir les billets verts chez Marvel. Mais tout de même, la tendance est bien là. Alors que les films de super-héros ont largement dominé l'industrie cinématographique entre Spider-Man (2002) et Avengers: Endgame (2019), devenu le 2ème plus gros succès de tous les temps, une certaine lassitude s'observe chez les cinéphiles.
Black Widow, Aquaman et le royaume perdu, The Marvels, Les Eternels, Madame Web... Tous ont contre-performé au box-office - ou du moins, rapporté beaucoup moins d'argent qu'espéré.
Une "superhero fatigue" principalement due à une saturation du marché concernant les oeuvres adaptées des bandes dessinées, au cinéma, mais aussi à la télévision avec de multiples séries à suivre sur des plateformes comme Disney+. Un frein pour les non-initiés. La qualité relative des derniers projets sur grand écran a parachevé le rejet massif des fans.
Selon ce patron d'un grand studio interrogé par The Hollywood Reporter, "la Gen Z ne se soucie plus des films de super-héros". "Le genre appartient aux millenials" assure-t-il, dans un avis qui laisse entendre ce qui se répand dans les couloirs d'Hollywood.
Une affirmation que nuance cependant Iman Vellani.
Lors d'un Q&A organisé par League of Comic Geeks pour la sortie de sa propre BD Chachu, l'actrice qui incarne Kamala Khan dans la série Miss Marvel et le film The Marvels a livré son point de vue sur cette période de disgrâce.
"Je ne suis pas d'accord avec l'idée que la Gen Z a cessé de se soucier des super-héros. Peut-être qu'ils ont simplement arrêté de se sentir obligés d'y prêter attention. Notre génération a grandi avec une abondance d'histoires de super-héros, donc peut-être que la nouveauté s'est essoufflée - ce qui est naturel".
Selon la comédienne de 23 ans, le public ne s'est pas désintéressé du genre mais est simplement devenu plus exigeant.
"Le niveau d'exigence est plus élevé maintenant. Nous cherchons des histoires qui se sentent spécifiques et émotionnelles - surtout à l'ère de l'IA. Nous voulons de l'honnêteté de la part de nos conteurs. Nous voulons que notre intelligence soit respectée."
Ainsi, celle qui a tenu un rôle dans La Ferme des animaux d'Andy Serkis pense que les jeunes spectateurs réagissent "incroyablement bien" aux histoires impliquant des super-héros "quand ils sont traités d'abord comme des personnes" :
"Les thèmes du deuil, de l'identité, de l'héritage, de l'appartenance - ils sont intemporels et ne vieilliront jamais".
Le prochain Spider-Man, par exemple, explorera la perte de repères de Peter Parker alors que le monde et ses amis proches ont oublié son existence suite aux événements de Spiderman: No Way Home. L'araignée préférée des enfants montrera un aspect plus vulnérable et humaniste qui, à coup sûr, fera son succès au box-office.
"Chaque genre traverse des cycles" poursuit Iman Vellani, qui semble porter un regard beaucoup plus lucide sur le marché que ce producteur hollywoodien : "Les westerns l'ont fait. Les comédies musicales l'ont fait. Les comédies romantiques l'ont fait. Donc la réponse n'est pas d'abandonner le genre, mais de trouver de nouvelles histoires qui ne peuvent être racontées qu'à travers CE genre". Et l'actrice de conclure :
"Au bout du compte, je pense que nous voulons simplement que ces films évoluent et grandissent aux côtés de leur public."
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2