Faut-il séparer l'œuvre de l'artiste ? Épineuse question qui revient au centre des débats à l'annonce du thème du prochain Met Gala. Pour son édition 2027, qui se déroulera à New York le 3 mai, un hommage sera rendu à l'œuvre du styliste John Galliano.
En parallèle de la très attendue soirée de gala, où tous les invités devront donc porter des tenues en référence au styliste, l'exposition John Galliano: Horizons lui sera consacrée entre les murs du Metropolitan Museum of Art’s Costume Institute. Elle se tiendra du 9 mai 2027 au 9 janvier 2028.
Seulement voilà, ce choix fait polémique en raison des anciens propos racistes et antisémites du styliste. En 2011, une vidéo largement relayée le montre proférer des insultes antisémites et clamer son amour pour Hitler. Ce qui lui aura coûté son éviction de la maison Dior.
15 ans plus tard, l'affaire semble être pourtant oubliée et Galliano commence à réapparaître sur le devant de la scène. On l'a vu au premier rang d'un défilé Jonathan Anderson, avant d'annoncer une collaboration de deux ans avec la marque Zara. Il a également fait l'objet d'un documentaire sur sa rédemption, High & Low, sorti en 2023.
Malgré tout, si certaines voix s'élèvent contre ce choix jugé "risqué", une partie du monde de la mode le défend. C'est notamment le cas d'Anna Wintour.
"C'est un grand styliste et sa carrière n'est pas uniquement définie par un moment, avec lequel il devra vivre pour le restant de ses jours" atteste la papesse de la mode et rédactrice en chef de Vogue : "L'exposition n'éludera pas les côtés sombres de son passé. C'est en partie ce qui l'a façonné. L'exposition retracera l'ensemble de sa carrière et en abordera toutes les facettes".
"Peu de stylistes ont laissé une telle empreinte dans le milieu de la mode que John Galliano. Il a radicalement changé la façon dont la mode communique l'émotion, le rêve et la narration, et il a influencé des générations de créateurs" complète Olya Kuryshchuk, fondatrice de 1 Granary, plateforme mondiale de référence sur la mode.
En effet, l'exposition, divisée en trois parties, évoquera explicitement "les comportements répréhensibles qui ont profondément altéré sa carrière et la manière dont il était perçu par le public". Pour autant, pas sûr que cela suffise à calmer les critiques.