Qui n’a jamais ajouté en favori sur Vinted un vêtement ou accessoire proposé par un vendeur situé à l’autre bout de la France, voire même à l’étranger ?
Si la seconde main permet d’offrir une autre vie à des objets sans faire de mal au porte-monnaie, elle n’en est cependant pas moins polluante selon le circuit de vente. C’est ce qu’a révélé le jeudi 10 septembre 2026 une étude du cabinet RDC Environnement pour l’ONG Oxfam, originaire de Grande-Bretagne, qui possède huit points de vente en France.
Selon les résultats, le bon élève du circuit de la seconde main n'est autre que la boutique solidaire ou ressourcerie de quartier, comme La Croix-Rouge ou Emmaüs (et Oxfam !). Des commerces qui ont "pour objectifs de réduire les déchets, créer des emplois locaux et non délocalisables", tout en "rendant les vêtements accessibles aux ménages modestes".
Seul hic : les vêtements de seconde main de meilleure qualité, dit "la crème", sont aujourd'hui détournés par les enseignes de friperies commerciales. Une pratique qui affaiblit les structures solidaires et pollue par la même occasion : le tri des vêtements s'exporte dans des pays à la main d'œuvre moins coûteuse, puis ceux qui seront exposés et vendus en boutique sont renvoyés en France.
Les corners de seconde main dans les grandes enseignes sont eux aussi pointés du doigts, accusés d'alimenter la surconsommation à travers notamment des offres de reprise contre des bons d'achats.
Quant aux plateformes de revente entre particuliers, comme Vinted, elles encouragent elles aussi les achats faciles, à portée de clic, et multiplient les échanges de marchandise parfois d'un pays à l'autre. Un circuit annoncé comme cinq fois plus polluant qu'un achat en ressourcerie par exemple.
Aujourd’hui, six vêtements de seconde main sur dix passeraient désormais par des circuits lucratifs selon l’ONG.