VOLUM a pour ambition de mettre en avant les artistes émergents, notamment de la scène musicale. Alors pour la première VOLUM Session, l'équipe a accueilli Juste Shani.
Si vous ne la connaissez pas encore, c'est une rappeuse originaire du 91 qui est en train de tout emporter sur son passage.
Une rappeuse comme il y en a que trop peu dans le paysage musical français. Une énergie brute, des paroles directes, des productions trap incisives : c’est simple, elle ne laisse personne indifférent. Après avoir gagné de nombreux tremplins, elle a crevé l'écran lors de la dernière cérémonie des Flammes et a assuré la première partie d'Aya Nakamura au Stade de France dimanche dernier.
Après la sortie de son EP Diamant noir, Juste Shani a interprété trois sons en live pour cette VOLUM Session - Brillance, son nouveau single La vraie vie et Tout schuss - et s'est confiée en interview.
On sent que t'es faite pour la scène. Quand est-ce que tu l'as réalisé ?
Assez tôt. J'ai toujours aimé être sur scène, faire des spectacles, depuis petite. Des spectacles de chant, de danse, un peu tout. Ça a toujours été un kiff. Pour moi, c'est juste de l'amusement, c'est l'occasion d'exprimer mes passions. J'ai vraiment fait ça dès que j'ai su marcher ou danser. Dans les MJC, les spectacles de fin d'année ou même juste à la maison devant mes parents.
Dans tes paroles, on capte une grande détermination. T'es là pour pour tout exploser ?
En tout cas, c'est un mindset d'affirmation de soi, de confiance en soi. J'aime bien voir que ma musique donne de la force aux gens, les fait se sentir en confiance.
T'es très directe dans tes paroles. T'as eu des exemples dans ta famille ou dans la musique ?
Je pense plus dans la musique. La musique nous donne cet espace-là pour s'exprimer comme on n'oserait pas forcément le faire dans la vie de tous les jours. J'ai écouté plein d'artistes dans plein de styles différents, que ce soit la Sexion d'assaut, Orelsan ou plus récemment Shay. Beaucoup d'artistes qui vont dire des trucs très engagés, chocs, ou juste second degré. Je pense aussi au stand up. Le fait d'être sur scène, ou en tout cas de s'exprimer en musique, ça permet de s'exprimer différement de la vie de tous les jours.
La punchline, c'est quelque chose d'inné chez toi ?
Je suis née avec le don de la punchline ! (Rires) C'est à force d'écouter de la musique en vrai. J'ai écouté beaucoup de rap, j'ai écrit très tôt beaucoup de chansons. Mes punchlines d'il y a dix ans c'était pas celles de maintenant. C'est à force de faire que ça vient...
T'es très engagée dans tes paroles, que ce soit sur le féminisme, le racisme ou les questions de société plus généralement. C'est inévitable, c'est en toi ?
J'ai découvert le rap français avec des artistes engagés. A une époque où le rap engagé était plus mainstream qu'aujourd'hui. Je pense à la Sexion d'Assaut, Orelsan, Youssoupha, Kery James, Keny Arkana... A une époque où moi-même je commençais à réaliser le monde dans lequel je vivais. Ces chansons m'ont forgée sur les combats qui me parlent encore aujourd'hui.
Le rap est un peu moins engagé aujourd'hui. Tu le vois comme un devoir pour toi ?
Non, je le calcule pas comme ça. J'exprime ce qui me vient, ce que je vis, ce que j'ai en moi. Effectivement, c'est pas mainstream, mais le rap à texte, à message, est encore très présent.
C'est aussi le fait d'être autoproductrice qui te donne cette liberté ? Une liberté que tu n'aurais pas en major tu penses ?
Oui, peut-être. Après, on est aussi à une ère où les maisons de disques ou les labels chopent moins les artistes au début de leur développement. L'artiste a le temps de se développer lui-même. Le jour où une major ou un label s'intéresse à toi, ça veut dire qu'il valide déjà ce que tu fais. C'est ça qui m'est arrivée. J'étais en totale indé, maintenant je suis en licence. L'équipe avec qui je collabore est venue vers moi en sachant quels propos je tenais et quel était mon projet.
Dans La vraie vie, tu rappes : "J'en suis là grâce à mon taff, j'ai fait ni Nouvelle école ni la Star Ac". C'est un kiff pour toi de percer sans avoir fait ces émissions-là ?
En tout cas, c'est une fierté. C'est une petite pique mais, chacun son parcours, et je sais que dans tous les types de parcours, il y a des épreuves et du taff. J'ai suivi mon propre chemin, je me suis beaucoup servie des réseaux sociaux, j'ai fait beaucoup d'open mic. J'ai joué sur mon propre terrain et je suis grave fière de voir où ça m'a menée aujourd'hui.
Il y a peu de femmes rappeuses mises en avant dans les médias. J'imagine que c'est plus dur de se faire une place quand on est une femme, noire, avec une musique qui bouscule les codes. Tu le ressens comme ça ?
Oui, un peu. On sent que c'est moins évident pour l'industrie et pour le public. Voir une femme qui rappe, ça va, les gens commencent à s'habituer, mais on manque encore de représentation. On n'a pas eu énormément de rappeuse à gros succès. J'espère que je vais faire partie de cette génération de rappeuses qui va rendre ça normal.
Elles ne sont pas rappeuses mais Aya Nakamura ou Theodora ont permis d'ouvrir des portes à une nouvelle génération d'artistes féminines, dans la musique ou dans le style. Tu ressens cet héritage là ?
Moins directement car elles ne sont pas dans le même style musical que moi. Là où je me sens connectée avec des artistes comme ça, c'est vraiment sur la liberté de casser les codes, de s'affirmer. C'est un truc que je mettais déjà en avant, mais avec des artistes comme ça, ça renforce encore ce mindset là. C'est un peu notre point commun : s'affirmer et s'assumer comme on est et comme on veut être.
Tu as fait la première partie d'Aya Nakamura au Stade de France. Ça représente quoi pour toi ?
Une énorme fierté. J'étais assez choquée quand j'ai appris la nouvelle. Et ça me parle aussi grave la démarche d'Aya et son équipe de continuer à mettre en avant des femmes dans cette industrie, donc ça m'a fait super plaisir.
La suite pour toi, c'est quoi ?
Un autre projet, sûrement un EP. La suite, c'est de beaucoup me focus sur la musique. J'ai un peu la chance d'avoir beaucoup de mises en avant, de promo, d'avoir les projecteurs braqués sur moi. C'est le créneau parfait pour envoyer un projet solide. C'est plus du studio autant que je peux entre les concerts et les promos, pour délivrer un projet à la rentrée.
Et la scène aussi !
Je suis en tournée tout l'été et à partir de la rentrée, je fais ma première tournée en salles dans plein de villes de France, avec une date à la Cigale le 21 avril 2027. Dans le lien en bio sur mon Insta, il y a toutes mes dates. N'hésitez pas !
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