Régulièrement critiquée pour ses annulations précoces, Netflix sait malgré tout faire le bonheur de ses abonnés avec ses mini-séries, des histoires complètes en une seule saison. Bien sûr, certaines sont meilleures que d'autres, mais au regard de ses nombreuses créations récompensées dans ce domaine ces dernières années (Le jeu de la reine, Beef, Mon petit renne ou encore Adolescence), on comprend qu'elle en a fait sa spécialité.
Bonne nouvelle, Le problème final - mise en ligne ce 25 septembre 2026, entre justement dans la catégorie des petits bijoux à regarder absolument. Adaptation d’un roman d'Arturo Pérez-Reverte, cette mini-série de quatre épisodes seulement met en vedette José Coronado.
Sa particularité ? Son point de départ peut rappeler Ils étaient dix d'Agatha Christie : un étrange meurtre sur une île (temporairement) isolée déclenche une enquête, mais l’intrigue prend finalement une tournure inattendue.
Dès les premières minutes, il est clair que la série va nous offrir un hommage à Sherlock Holmes, le légendaire détective créé par Arthur Conan Doyle, et autres fictions du genre. Cependant, cet hommage ne se limite pas à ses origines littéraires, puisque le nom de famille (Basil) du personnage interprété par Coronado est également un clin d'œil évident à Basil Rathbone, l'un des acteurs les plus étroitement associés à Holmes.
Avec une intrigue située en 1959, Le Problème Final se détourne de toute forme de modernisme, s'attachant plutôt à recréer le rythme et le style du cinéma classique qu'Hollywood a depuis longtemps abandonné. C'est une ambition que les scénaristes Alberto Macías, Carlos Molinero et Marisol Farré, ainsi que le réalisateur Félix Viscarret, poussent à son paroxysme.
Il en résulte un thriller élégant et mystérieux qui semble tout droit sorti d'une autre époque, de sa direction artistique soignée à la mise en scène mesurée de Viscarret. Cela se perçoit surtout dans les dialogues, que beaucoup critiqueront pour leur manque de naturel, même si c'est précisément le but recherché. Il y a un petit côté Hercule Poirot version David Suchet qui n'est pas pour nous déplaire.
Il faut bien l'avouer, les personnages parlent et agissent comme s'ils sortaient tout droit d'un film policier classique. Tout est conçu dans ce sens, visant davantage à offrir un divertissement léger à ceux qui regrettent ce genre de cinéma qu'à toucher la génération actuelle de spectateurs. C'est le prix à payer pour s'immerger dans cet univers. Mais si vous l'acceptez, vous découvrirez un récit trépidant, ponctué d'humour, où les personnages priment sur l'intrigue. Oui, l'objectif est de surprendre le spectateur, mais tous les éléments narratifs ne sont pas subordonnés à ce but.
Le Problème Final possède un charme unique qui la rend étrangement addictive, car les acteurs s'y investissent pleinement. Un seul élément discordant aurait suffi à faire s'effondrer la mini-série, mais tout s'imbrique parfaitement, complétant harmonieusement le tableau. Certes, certains spectateurs rejetteront complètement la série et estimeront qu'elle est loin d'égaler les grands chefs-d'œuvre du cinéma de l'époque, mais cela n'enlève rien au fait qu'elle se révèle unique parmi les productions originales de Netflix, ce qui est plutôt inhabituel de nos jours.