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Si vous ne le connaissez pas, retenez bien son nom. Sur scène avec son one man show "Cordialement", à la radio dans le Double Expresso sur RTL2, dans des vidéos de youtubeurs comme Akim Omiri ou encore dans Vendredi tout est permis, Jonathan O'Donnell est partout ! L'humoriste qui grimpe s'est confié dans une interview accordée à Purebreak.

PRBK : Jonathan O'Donnell, c'est ton vrai nom ?

Jonathan : Ce n'est pas mon vrai nom, c'est mon nom de scène. Mon vrai nom ? Je ne peux pas te le dire, tu vas le mettre dans l'article (Rires). T'imagines après, mes parents vont se faire harceler, tout le monde va vouloir savoir qui sont les parents de la vedette !

D'où vient O'Donnell ?

T'as du temps ? (Rires) Quand j'ai commencé la scène, je donnais juste mon prénom. Mais sur Facebook, j'ai toujours changé de nom par rapport au boulot et j'avais ce nom là par rapport au film Coyote Girl. Le personnage masculin principal s'appelle O'Donnell et il est beau gosse. Je donne plus souvent ce nom là que mon vrai nom. Mon vrai nom, c'est que quand je suis en garde à vue... Je te charrie !

Tu étais RH avant de te lancer dans l'humour, pourquoi cette reconversion ?

C'est de la passion, clairement. C'est un rêve de gosse, ça me faisait rêver depuis tout petit, sauf que chez moi, en Picardie, y'a rien qui te donne les clés pour faire ce métier, qui te dit que c'est accessible. Du coup, tu suis la voie classique. Mes parents voulaient quand même je fasse quelque chose de carré, de plus sûr. J'ai fait un DUT de gestion, une école de commerce et quand j'ai commencé à bosser, c'était le déclic. Je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça 40 ans, que je n'allais pas tenir. J'ai commencé à écrire mais pas du stand-up, plus une mini-série. Quand j'ai emménagé à Paris, le premier soir je suis sorti au Jamel Comedy Club où c'était les soirées à scène ouverte. J'ai commencé à me renseigner et puis j'ai rencontré Jarry à la radio où je bossais. Il lit mes textes, me fait un retour et me présente des gens qui organisent des scènes et je suis allé faire ma première scène il y a 5 ans et demi au Chinchman Comedy Club (dans le 20e). Depuis, j'ai enchaîné avec une scène par mois au début, puis par semaine et un jour j'ai tout quitté parce que j'ai eu une proposition à la radio. Ça m'assure quand même une stabilité financière et je suis au même rythme que ma copine.

Dans ton spectacle, tu dis en rigolant que tes potes pensent que tu ne fais rien de tes journées, c'est quoi ta journée type ?

Réveil 4h30, départ de chez moi à 5h10. Je suis à la radio à 5h30, à l'antenne à 6h jusqu'à 9h. Jusqu'à 11h on est à la radio pour préparer l'émission du lendemain. C'est variable en fonction des impératifs qu'on a. Je rentre chez moi, je déjeune et je fais une sieste de 2h. Je dors 5h la nuit et 2h la journée. Ensuite j'écris les chroniques pour les lendemains avec les auteurs qui bossent avec moi. 2-3 fois par semaine, je vais jouer et si je n'ai pas de plateau, c'est soirée tranquille à la maison et je me repose.

"Je vois beaucoup plus d'entraide que de trahisons"

Vous êtes de plus en plus nombreux à vous lancer dans le monde de l'humour, y a-t-il un esprit de compétition ?

Franchement, je ne l'ai pas énormément ressenti. Il existe forcément lorsqu'il y a des scènes à faire, on est forcément en compétition, mais je n'ai jamais senti de regards bizarres. Je ne vois pas trop des humoristes dénigrer d'autres humoristes, je vois beaucoup plus d'entraide que de trahisons, à notre niveau. On se passe des contacts, on fait les premières parties les uns des autres (je fais celle d'Akim Omiri). Y'a beaucoup d'entraide parce que quand t'essaies de marcher seul, il y a très peu de chance que ça fonctionne.

Qui sont tes modèles ?

Jeune, des gens m'ont donné envie de faire ce métier comme Gad Elmaleh, Franck Dubosc. Leurs spectacles m'ont fait énormément rire. J'aime beaucoup Baptiste Lecaplain, je le trouve très fort sur scène, il a une énergie folle. On se connaît et c'est quelqu'un de très sympathique. J'aime beaucoup Mathieu Madénian, pour qui j'ai fait pas mal de premières parties et que je trouve très fort. Ce sont des styles qui ont dû m'inspirer mais j'espère avoir mon truc à moi.

Plusieurs humoristes ont été touchés par des histoires de plagiat. Comment s'assurer qu'un sketch que tu écris n'a pas déjà été écrit ?

Mon spectacle est autobiographique et toutes les histoires sont vraies. Donc normalement, ça devrait être bon, on ne devrait pas tous avoir la même expérience. Après, il y a la façon dont je la raconte. Donc normalement ça va. Ça m'est déjà arrivé qu'un autre ait les mêmes sujets mais ça ne se ressemble pas. Si j'écris une vanne qui a déjà été utilisée, je l'enlève, je ne veux pas me prendre la tête. C'est dangereux visiblement d'aller piquer des vannes.

"J'ai une crainte en montant sur scène : blesser les gens"

As-tu des limites au niveau de l'humour ?

Il y a des sujets que je n'aborde pas parce que ça ne m'intéresse pas, comme la politique. Je sais que ça intéresse plein de gens mais moi dans la vie ça ne m'intéresse tellement pas que je pense que ça ne serait pas efficace sur scène, la sincérité ne se verrait pas. Pareil pour l'humour noir, comme c'est quelque chose qui ne me fait pas énormément rire, je ne vais pas le faire. Les gilets jaunes, ce n'est pas mon créneau. En plus, j'ai une crainte en montant sur scène : c'est de blesser les gens. Dans mes vannes, j'essaie d'aller loin mais j'essaie de ne pas franchir la frontière à partir de laquelle quelqu'un dans le public le prendrait pour lui et se sentirait blessé. Je m'impose à moi-même des limites. Ça m'est déjà arrivé de retirer des vannes parce que quelqu'un était venu me voir. Si une blague blesse quelqu'un, ça va me déranger, je vais cogiter dessus. Je veux juste que les gens rigolent.

Tu interagis beaucoup avec ton public, as-tu une anecdote à nous raconter ?

Je n'ai que des belles histoires. Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les couples d'ex. Des couples qui se sont séparés depuis un certain temps, mais qui font des soirées encore ensemble. J'en ai eu 2 ou 3. Il y a aussi ce couple qui s'est rencontré à l'hôtel. Lui était client et elle réceptionniste et maintenant ils sont ensemble depuis 10 ans. C'est marrant ce mec qui se pointe à l'hôtel célibataire et qui repart avec la réceptionniste. Je fais beaucoup d'impro parce que c'est ma cours de récré. Le texte change au fil des semaines mais ça reste souvent la même trame alors que quand je fais de l'impro, c'est un moment unique. J'ai de la chance que les gens en disent autant. Une fois, un couple m'a raconté qu'ils s'étaient rencontrés dans une soirée échangiste.

Jonathan O'Donnell dans "Dr Life" d'Akim Omiri

On te voit dans plusieurs vidéos de youtubeurs comme Akim Omiri, aimerais-tu te lancer sur Youtube ?

J'ai une grande préférence pour le fait d'être invité dans les vidéos des copains parce que j'ai pas leur courage dans la production et dans l'organisation. C'est un truc que je n'ai pas envie de gérer quand j'ai la radio et le spectacle. C'est beaucoup de travail en plus donc je suis très content d'être invité chez les copains. En plus, je préfère toujours faire des trucs entre potes. J'avais une chaîne avec les copains, SideKick, qu'on a laissé tomber parce que c'était compliqué dans le timing, mais on s'est vraiment marré. Avec Akim, on a écrit une série qui parle de colocation entre potes. On espère qu'elle va se faire, qu'elle va se produire, j'ai hâte. En stand up, c'est moi tout seul mais pour le reste, je suis projet collectif, c'est ça qui me fait kiffer.

"J'ai hâte d'avoir une 2e chance dans VTEP"

Tu as participé à "Vendredi tout est permis", comment ça s'est passé ?

Ça s'est bien passé, je suis content parce que eux étaient contents. C'est possible que j'ai gagné un 2e tour, c'est aussi l'objectif. Ce n'est pas évident au début parce que t'es avec des mecs qui ont fait 20 ou 40 émissions, comme Florent Peyre, Issa Doumbia, Arnaud Tsamère, Tony Saint Laurent et Anne-Sophie Girard. Ils ont été très sympas avec moi, même Arthur a été hyper bienveillant avec moi. Forcément, quand t'es le petit nouveau, t'es pas le plus mis en avant dans les épreuves donc il faut se distinguer et je suis content parce qu'à chaque fois que j'en ai eu l'opportunité y'a une bonne vanne qui est sortie, avec les rires du public. Je suis content de ça, j'ai hâte d'avoir une 2e chance. J'ai bien compris que, plus t'es habitué, plus tu prends de plaisir à le faire.

Aimerais-tu participer à une autre émission de TV ? Laquelle ?

J'aime beaucoup Quotidien et son humour. Si je devais faire une chronique TV, ce serait dans cette émission. J'aime bien leurs délires sarcastiques, le public est hyper bienveillant et est là pour ça, pour entendre des chroniques d'humour. Ils ont un côté sérieux qui est bien fait. Après j'aime bien les émissions où y'a moyen de se marrer entre invités comme "Pas de ça entre nous" d'Arthur ou "le Grand blind test". Je suis très joueur, j'ai déjà fait des castings de jeux TV donc si y'a moyen de me marrer, j'y vais avec plaisir. "Burger Quiz", c'est le rêve ultime ! Quand t'es humoriste, que t'aimes l'impro, que t'es un peu sniper (envoyer des vannes), t'es obligé d'aimer et de vouloir faire ce genre d'émission. Mais bon, pour l'instant on ne m'a pas encore invité. Peut-être qu'après cet article Purebreak il va se passer des choses... T'as des contacts ? (Rires).

Jonathan O'Donnell joue "Cordialement" tous les dimanches à 18h30 au théâtre BO Saint-Martin.

Propos recueillis par Marion Poulle. Contenu exclusif. Ne pas reproduire sans citer PureBreak.com

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